Le 20 mars 2025, Vladimir Poutine a signé un décret imposant aux citoyens ukrainiens vivant en Russie ou dans les territoires temporairement occupés de “régulariser leur statut légal” d’ici au 10 septembre. Tous ceux qui n’ont pas demandé ou obtenu un passeport russe sont désormais menacés d’expulsion.
Ce décret concerne non seulement les Ukrainiens présents en Russie, mais aussi ceux vivant dans les territoires ukrainiens illégalement annexés : les régions de Donetsk, Louhansk, Zaporijjia et Kherson, ainsi que la Crimée, proclamées unilatéralement comme faisant partie de la Fédération de Russie.
Selon l’ONU, plus de 1,2 million d’Ukrainiens ont fui vers la Russie depuis le début de l’invasion à grande échelle en 2022, beaucoup d’entre eux ayant été déplacés de force ou poussés à fuir les bombardements. D’après les autorités ukrainiennes, quelque 6 millions d’Ukrainiens vivraient encore dans les territoires occupés. Désormais, ces personnes se voient contraintes de choisir entre accepter la nationalité russe ou abandonner leur maison dans un délai de six mois.
Depuis plusieurs mois déjà, les civils vivant sous occupation subissent une pression constante pour obtenir un passeport russe. Sans ce document, il leur est impossible de travailler, d’accéder à la propriété, de consulter un médecin ou de percevoir leur pension. Dans certains cas, le simple refus d’adopter la nationalité russe peut même entraîner des peines de prison.
Ce nouveau décret s’inscrit dans une stratégie délibérée de remplacement démographique. Tandis que les Ukrainiens sont poussés au départ, des ressortissants venus de Russie s’installent dans les territoires occupés, modifiant ainsi la composition de la population. Les autorités russes pourront ainsi potentiellement organiser, comme en Crimée en 2014, des référendums d’autodétermination destinés à légitimer des annexions illégales.
Cette décision entraînera inévitablement de nouveaux déplacements massifs. Elle confirme une tentative systématique de nettoyage ethnique, visant à faire disparaître l’Ukraine, son peuple et sa culture. Il s’agit d’une guerre d’effacement.
Les responsables des crimes de guerre commis depuis 2014 doivent être jugés. Les Ukrainiens aspirent à une paix juste et durable, qui passe par la reconnaissance des crimes, la justice et la fin de l’impunité.
Source : Courrier international